Combien de temps dure vraiment un backlink ?
Personne ne peut vous donner la durée de vie moyenne d'un backlink, et les chiffres qu'on trouve cités viennent d'échantillons qui ne ressemblent à personne en particulier. Une citation dans une archive de presse et un lien sur la page d'accueil d'une jeune entreprise n'ont rien en commun, sinon le mot « backlink ».
Ce qu'on peut dire d'utile, c'est que les liens s'éteignent rarement doucement. Ils disparaissent à un petit nombre de moments identifiables, et ces moments se voient venir plus souvent qu'on ne le croit.
Les cinq moments qui tuent les liens
| Moment | Fréquence | Prévisible | Récupérable |
|---|---|---|---|
| Refonte du site source | Très fréquent | Souvent annoncée | Oui, si vous le voyez vite |
| Migration de CMS | Fréquent | Rarement annoncée | Parfois |
| Ménage éditorial | Fréquent | Non | Oui, en argumentant |
| Changement de mains | Moyen | Parfois visible | Rarement |
| Fin du site ou du domaine | Rare | Un domaine qui expire se voit | Non |
Une refonte. De loin le plus fréquent. Le nouveau site garde le contenu et perd les liens sortants, ou les déplace dans un gabarit qui ne les affiche plus. Personne, dans l'histoire, n'a vécu cela comme une décision. Si la refonte est la vôtre, le problème est entièrement différent et la check-list est ici.
Une migration de CMS. Le contenu est exporté, les liens dans le corps du texte survivent, ceux qui vivaient dans un module de colonne latérale non. Six mois plus tard le module a disparu, votre emplacement avec.
Un ménage éditorial. On demande à quelqu'un de réduire les liens sortants, ou de « revoir les vieux articles ». Votre lien n'est pas visé ; il est simplement dans le passage du balai. C'est le cas où un message poli fonctionne le mieux, parce que la personne en face n'avait aucune raison particulière de le retirer.
Un changement de mains. Le site est vendu, l'auteur part, le rédacteur indépendant qui avait écrit la page ne l'entretient plus. Le nouveau propriétaire n'a aucune raison de garder un lien qu'il n'a pas posé, et souvent aucune idée de la raison pour laquelle il existait.
Le site s'arrête, tout simplement. Le domaine expire, le blog cesse. C'est le seul cas où il n'y avait rien à faire, et c'est aussi le plus rare.
Ce que valent les durées de vie publiées
On lit régulièrement qu'un backlink « dure en moyenne deux ans », ou qu'un tiers des liens disparaît en un an. Ces chiffres viennent d'échantillons construits sur ce qu'un outil observe, c'est-à-dire massivement sur des liens obtenus par des campagnes, sur des sites qui vendent de la visibilité. Ils décrivent correctement cette population, et pas la vôtre.
Le repère utile n'est pas une moyenne, c'est une distinction : les liens qu'un site a une raison propre de garder survivent presque indéfiniment, les autres partent au premier changement. Il n'y a pas de continuum entre les deux, il y a deux populations.
Quels liens restent
Le motif est simple : les liens qu'un site a sa propre raison de garder. Une référence dans un article encore lu. Une entrée dans une page de ressources dont quelqu'un est fier. Une citation dans une documentation technique, qui survit à peu près à tout parce que la retirer demanderait de vérifier si l'information a changé.
Les liens qui n'existent que par complaisance, un échange entre partenaires, un emplacement négocié une fois, partent les premiers, parce que personne en face n'y tient. C'est d'ailleurs un argument de plus pour juger un lien à sa légitimité plutôt qu'au score du domaine : la question « cette page a-t-elle une raison d'exister sans moi ? » prédit mieux la durée de vie que n'importe quel indicateur.
Les signaux qui annoncent une disparition
Trois d'entre eux se repèrent sans effort particulier :
- Une refonte annoncée. Beaucoup de sites la mentionnent, dans un billet, une bannière ou une newsletter. C'est le moment d'écrire, avant le chantier et pas après.
- Un auteur qui s'en va. Le nom sous les articles change, l'ancien contributeur annonce son départ ailleurs. Les pages qu'il tenait deviennent orphelines et sont les premières nettoyées.
- Un domaine proche de l'expiration. L'information est publique, et une date qui approche sans renouvellement dit quelque chose sur l'attention portée au site.
Aucun de ces signaux n'appelle une action immédiate. Ils indiquent seulement où regarder en priorité, ce qui est exactement ce qu'on demande à un signal.
Récupérer un lien : ce qui marche, et quand
La récupération dépend presque entièrement du délai. Dans les premières semaines, l'article est encore récent, la personne qui l'a écrit est encore là, et un message qui renvoie à un paragraphe précis obtient souvent une remise en place sans discussion. Passé six mois, vous écrivez à quelqu'un qui ne se souvient ni de l'article ni de vous.
Le message qui fonctionne ne parle jamais de référencement. Il signale un problème de lecture : un passage qui cite une source et ne mène plus nulle part. C'est vrai, c'est vérifiable, et cela donne à votre interlocuteur une raison d'agir qui n'est pas de vous rendre service.
Ce qui meurt sans disparaître
Un lien peut cesser de compter tout en restant parfaitement visible, et ces morts-là n'entrent dans aucun des cinq moments ci-dessus parce qu'elles ne laissent aucune trace.
Le passage en nofollow est le cas classique : le lien est là, il est cliquable,
et un attribut ajouté par une extension de sécurité ou par un nouveau réglage du
CMS lui a retiré ce qui en faisait la valeur.
Ce que change exactement cet attribut mérite d'être
connu avant de le découvrir sur son meilleur placement.
La réécriture de l'ancre est plus discrète encore. Le rédacteur reformule un paragraphe, et « leur guide des redirections de migration » devient « ici ». Le lien vit, il est suivi, et il a perdu la description qui lui donnait son sens : le texte d'ancre est la plus courte description de votre page que quelqu'un écrira jamais, et personne ne vous préviendra qu'elle a changé.
Ces deux cas sont, en pratique, plus fréquents que la suppression pure et simple passé la deuxième année. Une durée de vie mesurée uniquement sur la présence du lien les compte donc comme des liens vivants, ce qui explique une partie de l'écart entre les chiffres publiés et ce que vous observez.
Faut-il remplacer un lien perdu ?
Souvent non, et c'est la question qu'on se pose rarement. Un lien qui disparaît parce que la page qui le portait n'intéressait plus personne ne valait déjà pas grand-chose. Le remplacer par un lien équivalent revient à racheter le même problème.
La perte mérite un effort quand elle porte sur un lien qui envoyait du trafic, qui venait d'un site que vous auriez du mal à obtenir aujourd'hui, ou dont vous avez parlé à quelqu'un. Dans les autres cas, la bonne réponse est de noter la disparition et de passer à la suite.
Ce que cela change en pratique
La bonne question n'est donc pas « combien de temps ce lien va-t-il durer », mais « est-ce que je le saurai quand il partira ». Un lien retiré lors d'une refonte est souvent récupérable : le site existe encore, la relation aussi.
Le même message envoyé dix-huit mois plus tard, à quelqu'un qui a entre-temps remplacé tout le site, non. Cet écart entre le retrait et votre découverte est la seule partie que vous contrôliez réellement : c'est précisément à cela que sert la surveillance.
Et si vous suivez tout cela dans un tableur, notez la date de la dernière vérification à côté de chaque lien plutôt qu'un statut : c'est la colonne qui ment le moins, parce qu'elle dit son âge.
Questions fréquentes
Existe-t-il une durée de vie moyenne d'un backlink ?
Aucune qui soit crédible. Les chiffres publiés viennent d'échantillons qui ne ressemblent à personne en particulier : un lien dans une archive de presse et un lien sur la page d'accueil d'une jeune entreprise n'ont rien en commun. Ce qui est prévisible, c'est le type d'événement qui les supprime.
Quels liens durent le plus longtemps ?
Ceux qu'un site a une raison de garder : une référence dans un article encore lu, une entrée dans une page de ressources que quelqu'un entretient, une citation dans une documentation. Les liens qui n'existent que par complaisance partent en premier.
À quelle fréquence revérifier mes liens ?
Une fois par semaine suffit largement pour la plupart des profils, une fois par mois pour ceux sur lesquels vous n'avez de toute façon aucune prise. L'important est que l'intervalle soit plus court que le délai au-delà duquel un retrait devient gênant à évoquer.
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