Dofollow ou nofollow : ce que ça change vraiment
Un lien transmet de l'autorité, ou il n'en transmet pas. Un attribut de huit lettres dans le HTML sépare un placement qui a demandé trois mois de négociation d'une simple mention qui amène quelques visiteurs. Rien de tout cela ne se voit à l'écran : il faut regarder la source de la page, et c'est précisément pour cette raison que la bascule d'un lien passe presque toujours inaperçue.
Ce que fait l'attribut
Un lien normal ressemble à ceci :
<a href="https://votre-site.fr">votre marque</a>
Ajoutez rel="nofollow" et la page dit aux moteurs de recherche : je fais ce
lien, mais ne le considérez pas comme une recommandation.
<a href="https://votre-site.fr" rel="nofollow">votre marque</a>
Rien ne change pour un humain. Le lien a la même couleur, il est au même endroit, et le clic fonctionne exactement pareil. La différence est invisible à l'écran et décisive pour votre positionnement.
La famille complète, et ce que chaque valeur signale
Depuis 2019, les moteurs traitent ces attributs comme des indications plutôt que comme des ordres. La nuance a moins d'importance qu'il n'y paraît : dans les faits, un lien marqué reste très rarement compté comme une recommandation.
| Valeur | Ce que la page déclare | Quand elle est employée |
|---|---|---|
| aucun attribut | Ceci est une recommandation | Le cas normal, un lien éditorial |
nofollow |
Je ne me porte pas garant | Commentaires, sources contestées, liens automatiques |
sponsored |
Ce lien a été payé | Publicité, article sponsorisé, affiliation |
ugc |
Ce lien vient d'un visiteur | Commentaires, forums, profils |
noopener, noreferrer |
Rien sur l'autorité | Sécurité et confidentialité, sans effet SEO |
Les deux dernières valeurs se retrouvent constamment sur des liens parfaitement suivis. Les confondre avec un nofollow est l'erreur d'analyse la plus courante, et elle fait paniquer pour rien.
Quand le nofollow est légitime
Ce n'est pas une insulte, et un partenaire qui l'emploie ne vous vise pas.
- Contenu déposé par les visiteurs : commentaires, forums, champs de profil. Sans nofollow, tout site avec un formulaire ouvert devient une cible.
- Placements payés : publicité, sponsoring, affiliation. Les moteurs attendent qu'ils soient signalés, et c'est l'absence de signalement qui fait sanctionner des sites, pas le paiement lui-même.
- Pages que le site ne cautionne pas : un lien dans une citation, une source avec laquelle il est en désaccord, une capture d'un contenu qu'il critique.
- Volume industriel : un site qui publie cent liens sortants par jour n'a pas les moyens de vérifier chacun, et le nofollow global est sa seule défense raisonnable.
Vérifier en trente secondes
Trois méthodes, de la plus rapide à la plus fiable :
curl -s https://exemple.fr/article | grep -o '<a[^>]*votre-site\.fr[^>]*>'
La commande renvoie la balise entière, attributs compris. À défaut de terminal, la source de la page dans le navigateur et une recherche sur votre nom de domaine donnent le même résultat. Une extension de navigateur qui colore les nofollow convient pour un coup d'œil, mais elle ne garde aucune trace : c'est le point où les vérifications manuelles cessent de suffire.
Pourquoi une bascule compte plus qu'une pose
Obtenir un lien est un projet. En perdre la valeur est un accident, le plus souvent celui de quelqu'un d'autre.
Le scénario type : un partenaire installe une extension de sécurité qui ajoute un nofollow à tous les liens sortants. Ou un nouveau rédacteur change le réglage par défaut du CMS. Ou le site est refait et le gabarit ne reprend pas les attributs d'origine. Votre lien survit au changement ; sa valeur, non.
Personne ne vous prévient. Le partenaire ignore que c'est arrivé. Le moteur de recherche se contente d'ajuster votre position dans les semaines qui suivent. Vous le remarquez, si vous le remarquez, des mois plus tard, en cherchant tout autre chose. C'est exactement le motif que la surveillance des backlinks existe pour attraper, et le seul qu'un contrôle à l'œil ne rattrape jamais.
Ce qu'un nofollow ne détruit pas
Il faut le dire, parce que la panique est le mauvais réflexe.
Un lien en nofollow envoie toujours du trafic, et le trafic ne se discute pas : ce sont des gens. Il fait toujours connaître votre marque à des lecteurs qui ne vous connaissaient pas. Il reste un chemin de découverte pour les robots. Et sur un site très lu, il vaut souvent plus qu'un lien suivi sur une page vide.
Un lien nofollow dans un article lu par vingt mille personnes n'est pas un échec. Un lien suivi sur une page « partenaires » que personne n'ouvre, si, et c'est la vraie question de la qualité d'un lien.
Le cas particulier des liens payés
Un lien acheté et marqué sponsored est en règle. Un lien acheté et laissé en
lien ordinaire est un pari : il rapporte tant que personne ne le remarque, et il
coûte cher le jour où quelqu'un le remarque. Le déséquilibre est structurel,
puisque le risque est pour l'acheteur et pas pour le vendeur.
Deux conséquences pratiques. D'abord, un vendeur qui promet du « dofollow
garanti » vend en réalité le fait de ne pas déclarer un lien payé, ce qui est
exactement la pratique visée par les moteurs. Ensuite, un lien payé qui bascule
un jour en sponsored ne se récupère pas : c'est une mise en conformité du
vendeur, pas un oubli de sa part.
Si des liens payés figurent dans votre suivi, marquez-les comme tels dès le premier jour, avec le montant et la date. Un tableur tient très bien ce genre de trace, mieux que n'importe quel outil automatique, parce que cette information n'existe nulle part sur la page.
Trois idées reçues qui circulent encore
« Le nofollow ne sert à rien. » Il sert au site qui le pose, et c'est déjà une raison suffisante pour qu'il existe. Il vous prive d'un signal, pas d'un lecteur.
« Un profil avec beaucoup de nofollow est suspect. » L'inverse est plus vrai : un profil où absolument tout est suivi ressemble à un profil construit. Les commentaires, les forums et les mentions presse produisent naturellement des liens marqués, et leur absence totale se remarque davantage que leur présence.
« Passer ses liens internes en nofollow économise quelque chose. » Cette pratique a été utile il y a quinze ans, dans un mécanisme qui n'existe plus. Elle ne fait plus qu'une chose aujourd'hui : couper la circulation à l'intérieur de votre propre site.
Ce qu'il faut en faire
Vérifiez l'attribut, pas seulement la présence du lien. Un outil de surveillance qui demande uniquement « le lien est-il toujours là ? » vous annoncera que tout va bien le jour où votre meilleur placement cesse discrètement de compter.
Relevez la valeur trouvée, faites-vous alerter quand elle change, et décidez ensuite au cas par cas. Demander au partenaire fonctionne mieux qu'on ne le croit, à condition de ne pas parler référencement :
Bonjour, j'ai vu que les liens sortants de vos articles portent désormais un nofollow, probablement depuis l'installation d'un module de sécurité. Ce n'est pas un problème, mais si le lien vers notre guide vous paraît toujours utile à vos lecteurs, il gagnerait à rester un lien ordinaire.
Et surtout, ne traitez pas un nofollow comme un lien toxique. Un lien marqué n'a rien à voir avec un lien nuisible, et le fichier de désaveu ne le concerne pas.
L'attribut n'est qu'un des trois signaux qui voyagent avec chaque lien. Les deux autres sont sa légitimité et ce que son texte d'ancre dit de vous : les relever ensemble, à chaque vérification, coûte le même effort que de n'en relever qu'un.
Questions fréquentes
Un lien en nofollow ne vaut-il plus rien ?
Si. Il amène toujours des visiteurs, il rend toujours votre nom visible, et les moteurs de recherche répètent depuis des années qu'ils traitent l'attribut comme une indication, pas comme un ordre. Ce qu'il ne fait plus de façon fiable, c'est transmettre de l'autorité, soit précisément ce que vous étiez venu chercher.
Un lien peut-il passer en nofollow sans qu'on me prévienne ?
Oui, et c'est fréquent. Une extension mise à jour, une nouvelle politique de commentaires, un changement de gabarit sur tout le site : le lien reste en place, la page semble identique, seul un attribut a changé. Rien sur la page ne le signale.
Faut-il demander au partenaire de retirer le nofollow ?
Demandez, poliment, une fois. Beaucoup de partenaires l'ajoutent par défaut, sans stratégie derrière. Si la réponse est non, le lien garde sa valeur en trafic : considérez-le comme un placement de visibilité plutôt que de référencement.
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