Qu'est-ce qu'un bon backlink (et comment le juger)

Par Fabien Hernoux 7 min de lecture

Un bon backlink est un lien qu'une vraie personne pourrait cliquer. Ce seul test fait la plus grande partie du travail, et il explique presque tout ce que les outils mesurent par des chemins détournés. Le reste de cet article n'est qu'une façon de rendre ce test utilisable sur cinquante prospects un lundi matin.

La grille, en deux minutes par lien

Six critères, deux points chacun. Aucun n'est éliminatoire seul ; c'est le total qui décide.

Critère 0 point 1 point 2 points
Emplacement Pied de page, liste de liens Encadré, colonne latérale Dans un paragraphe
Rapport au sujet Sans rapport Thème voisin Même sujet que votre page
Audience du site Aucun lecteur visible Publication irrégulière Lectorat identifiable
Liens sortants de la page Plus de cinquante Dix à cinquante Moins de dix
Texte d'ancre Mot-clé exact négocié « cliquez ici » Formulation descriptive naturelle
Motif de la présence Vous l'avez demandé ou payé Échange convenu L'auteur l'a jugé utile

Neuf points ou plus : un lien que vous seriez content d'avoir obtenu. Entre cinq et huit : correct, sans plus, et pas la peine d'y consacrer trois relances. En dessous de cinq : le temps de prise de contact vaut mieux ailleurs.

Cette grille n'a rien de scientifique et ne prétend pas l'être. Son intérêt est de vous obliger à regarder la page plutôt que le score d'un outil, et de rendre comparables deux prospects que votre intuition classait pareil.

Les quatre questions qui valent la peine

Quelqu'un pourrait-il vraiment cliquer dessus ? Un lien enterré dans un pied de page, ou sur une page « partenaires » que personne ne visite, n'est pas cliqué, et un lien que personne ne clique dit très peu de chose aux moteurs. Un lien dans un paragraphe, là où il aide réellement le lecteur, si.

La page parle-t-elle de la même chose que vous ? Un lien depuis un article sur la rénovation d'une cuisine vers un fournisseur de plomberie a du sens pour un lecteur. Le même lien depuis une page sur les cryptomonnaies, non, et ce décalage se voit, y compris par une machine.

Le site a-t-il une vraie audience ? Pas un chiffre de trafic : une ligne. Publie-t-il régulièrement, sur un sujet, pour quelqu'un en particulier ? Les sites construits pour héberger des liens ont un signe distinctif : ils publient sur tout, en plusieurs langues, sans lecteur apparent. Deux minutes sur leur page d'accueil suffisent presque toujours à trancher.

Combien d'autres liens quittent cette page ? Une page avec quatre liens sortants donne à chacun du poids et de l'attention. Une page avec deux cents est un annuaire, et les lecteurs le savent aussi bien que les moteurs.

Ce que les scores disent, et ce qu'ils ne disent pas

Domain authority, domain rating, trust flow : ce sont des estimations produites par des sociétés d'outils SEO, à partir de leur propre exploration du web. Trois d'entre elles donneront trois notes différentes pour le même site, ce qui devrait suffire à en fixer le statut.

Elles servent à mettre cinquante prospects dans un ordre, et elles le font bien. Elles ne sont pas ce qu'utilise Google, elles ne mesurent pas le trafic, et une page peut être excellemment notée tout en n'étant lue par personne : le score porte sur le domaine, la valeur se joue sur la page.

Servez-vous-en comme d'un score de crédit : un premier filtre, jamais la décision.

Les signaux d'alerte, du plus au moins grave

  • Le site vend des liens ouvertement, tarif affiché ou non. Quelle que soit l'allure de la page, le motif est détectable et le risque est pour vous, pas pour le vendeur.
  • Une page « partenaires », « amis » ou « ressources » avec des dizaines d'entrées sans rapport entre elles.
  • Des articles écrits autour du lien plutôt que l'inverse : cela se sent dès le premier paragraphe, et un lecteur le sent aussi.
  • Un site qui publie dans six langues sans traducteur identifiable, sur des sujets sans rapport, à un rythme qu'aucune rédaction ne tiendrait.
  • Le même texte d'ancre répété sur plusieurs sites. Voir ce que votre ancre dit de vous.

Aucun de ces signaux n'est rédhibitoire seul. Leur accumulation, si. Et un mauvais lien ne se désavoue pas par réflexe : voici ce que fait réellement un fichier de désaveu, et pourquoi il est presque toujours inutile.

Trois liens médiocres qui valent mieux que leur réputation

Une grille sévère finit par écarter des liens utiles. Trois cas méritent d'être défendus.

L'annuaire sectoriel sérieux. Il ne fera pas monter votre position, mais il est consulté par des acheteurs, et il envoie parfois plus de clients qu'un lien éditorial bien noté.

Le lien nofollow sur un très grand média. Il ne transmet pas d'autorité, il apporte des lecteurs, de la notoriété et souvent d'autres liens ensuite. Sa valeur ne se lit pas dans l'attribut : ce que change exactement le rel mérite d'être compris avant de refuser une mention dans un quotidien.

Le lien d'un tout petit site pointu. Score dérisoire, trois cents lecteurs, tous exactement les vôtres. Aucun outil ne le classera bien, et il conviendra mieux que dix liens génériques.

Où se trouvent réellement les bons liens

Une grille qui trie ne sert à rien s'il n'y a rien à trier. Les liens qui passent neuf points viennent presque toujours des mêmes quatre endroits, et aucun ne ressemble à une campagne.

Les pages de ressources d'un métier. Chaque secteur en compte quelques-unes, tenues par quelqu'un qui les met à jour parce que c'est son sujet. Y entrer demande d'être réellement utile, et ces pages survivent aux refontes mieux que tout le reste.

Les journalistes et rédacteurs qui cherchent une source. Ils citent qui leur répond vite, avec un chiffre vérifiable et une phrase citable. C'est le seul canal où le délai de réponse compte plus que la qualité du site.

Ce que vous publiez et que d'autres ont besoin de citer. Une donnée originale, une méthode expliquée, un tableau comparatif tenu à jour. Ces liens arrivent sans demande, et ce sont ceux qui ont le meilleur score sur la ligne « motif de la présence ».

Les relations qui existent déjà. Clients, fournisseurs, associations professionnelles, anciens employeurs. Le lien est légitime parce que la relation l'est, et personne n'a à faire semblant.

Ce qui ne figure pas dans cette liste : les échanges de liens organisés, les places de marché, et les articles invités écrits pour placer une ancre. Ils produisent des liens qui passent rarement six points, et qui partent au premier ménage éditorial.

Ce que la grille ne dit pas

Elle ne mesure pas le trafic réel, elle ne connaît pas votre marché, et elle ignore complètement ce que le lien vous a coûté. Un lien à sept points obtenu en dix minutes vaut mieux qu'un lien à dix points obtenu en six semaines de relances, et aucun tableau ne le dira à votre place.

Son seul objet est de rendre une décision explicable : à vous-même dans trois mois, ou à un client qui demande pourquoi vous avez écarté un site qu'un outil notait bien.

Le critère que personne ne cite

Un bon backlink est un lien qui existe encore l'année prochaine. Un lien éditorial parfait qui disparaît lors d'une refonte six mois plus tard vous aura coûté la prise de contact et n'aura rien rapporté.

Ce critère se prédit assez bien : un lien que l'auteur a jugé utile survit aux changements d'équipe, un lien de complaisance part au premier ménage. C'est le même raisonnement qui explique pourquoi certains liens durent et d'autres non.

Juger un lien au moment de l'obtenir ne fait donc que la moitié du travail : les liens s'en vont en silence, et ceux qui valent la peine valent qu'on les surveille.

Dans Expansel Surveillance de backlinks Expansel relit régulièrement les pages censées pointer vers vous, et vous alerte si le lien a disparu ou s'il est passé en nofollow.

Questions fréquentes

Le domain authority me dit-il si un lien est bon ?

Il aide à classer une liste, mais c'est un score inventé par les outils SEO, pas par Google. Une page au score modeste, dans votre thématique, lue par votre audience, vaut mieux qu'une page bien notée que personne ne visite.

Un lien fort vaut-il mieux que dix liens faibles ?

En général oui, et c'est aussi moins risqué. Dix liens obtenus de la même façon, sur le même type de page, dessinent un motif. Un lien éditorial dans un vrai article, non.

Comment vérifier un lien sans payer d'outil ?

Ouvrez la page. Lisez le paragraphe autour du lien. Regardez combien d'autres liens sortants le partagent, et si le site publie des choses que vous liriez. Deux minutes répondent à l'essentiel.

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