Comment trouver ses liens morts à la main, sans outil payant
Un lien mort est l'un des rares problèmes de site à la fois trivial à corriger et presque impossible à remarquer. Rien ne passe au rouge, aucune alerte n'arrive, la page a exactement l'allure qu'elle avait hier. Il existe quatre façons de les trouver sans rien payer : les ouvrir à la main, une extension de navigateur, la Search Console, et un crawler en version gratuite. Chacune fonctionne, chacune rate quelque chose de précis, et cet article dit quoi.
Les quatre méthodes gratuites, comparées
| Méthode | Couvre tout le site | Voit les liens sortants | Temps pour 100 pages | Ce qu'elle rate |
|---|---|---|---|---|
| À la main | Si vous tenez la distance | Oui | 3 à 4 heures | Le pied de page, la fatigue |
| Extension de navigateur | Non, page par page | Oui | Autant que la main | Tout ce que vous n'ouvrez pas |
| Search Console | Ce que Google a exploré | Non | Quelques minutes | Vos liens sortants, les pages non visitées |
| Crawler gratuit | Oui, sous plafond | Souvent oui | 10 à 30 minutes | La régularité, l'historique |
Aucune n'est complète seule. La combinaison qui couvre le plus de terrain pour zéro euro est simple : un crawler gratuit pour la vue d'ensemble, la Search Console pour ce que Google voit vraiment, et la main pour les vingt pages qui comptent le plus.
1. À la main : la procédure, écrite pour de vrai
« Ouvrir les pages et cliquer sur les liens » n'est pas une méthode, c'est une intention. Voici celle qui tient trois heures sans que vous perdiez le fil.
- Faites la liste des pages, dans l'ordre d'importance. Accueil, pages du menu, dix articles les plus lus, pages de contact et tarifs. Le reste vient après, s'il reste du temps.
- Ouvrez chaque page avec la souris, pas le clavier. Clic du milieu sur chaque lien : il s'ouvre dans un onglet en arrière-plan sans vous faire perdre la page en cours. C'est ce détail qui rend la méthode supportable.
- Traitez les onglets par paquets de dix. Un coup d'œil suffit : soit la page s'affiche, soit elle affiche une erreur.
- Notez dans un fichier, jamais de tête. Deux colonnes : la page où le lien se trouve, et le lien mort. La première colonne est la seule qui vous permettra de corriger.
- N'oubliez pas le pied de page et le menu. Ils sont sur toutes les pages, et c'est précisément pour cela qu'on cesse de les voir. Vérifiez-les une fois, au tout début.
- Comptez les liens sortants comme les liens internes. Un lien vers un site qui a fermé casse exactement de la même façon, et il ne figurera dans aucun rapport automatique de votre côté : c'est l'angle mort le plus courant.
Cette méthode est excellente jusqu'à une trentaine de pages. Elle a un mérite que les outils n'ont pas : vous relisez votre site, et vous trouvez au passage des choses qu'aucun crawler ne signale, comme un tarif de 2023 ou un lien qui pointe vers la bonne page mais la décrit mal.
2. L'extension de navigateur
Une extension qui surligne les liens morts de la page ouverte coûte une minute d'installation et rend un vrai service : elle transforme l'étape 3 ci-dessus en un coup d'œil.
Ce qu'elle rate est structurel : elle ne connaît que la page affichée devant vous. Elle ne visite rien, elle ne garde rien, et elle ne vous dira jamais qu'un lien s'est cassé la semaine dernière sur une page que vous n'aviez pas prévu d'ouvrir. C'est un accélérateur de contrôle manuel, pas une méthode de plus.
Deuxième limite, moins connue : beaucoup de sites répondent différemment à une extension qu'à un visiteur normal. Un lien signalé en rouge alors qu'il fonctionne parfaitement dans un autre navigateur est le cas le plus fréquent, et il produit des corrections inutiles.
Entre les deux, il y a la vérification d'une page à la demande : coller une adresse et voir tous ses liens testés évite l'installation, et couvre exactement le besoin quand on veut contrôler une page précise plutôt que tout un site.
3. La Search Console
Gratuite, alimentée par les explorations réelles de Google, et sous-utilisée. Le rapport d'indexation liste les URL renvoyant une erreur, avec la date de détection, et l'inspection d'URL indique les pages qui pointent vers elles.
Deux angles morts, tous deux importants :
- Elle ne couvre que ce que Google a choisi de visiter. Une page récente, ou une page qu'aucun lien interne n'atteint, peut ne jamais apparaître.
- Elle ignore totalement vos liens sortants. Elle surveille vos pages, pas vos références. C'est la moitié du problème, et c'est celle que personne ne regarde.
Un troisième point mérite d'être connu : le délai. Une erreur détectée par Google peut mettre plusieurs jours à apparaître dans le rapport, et plusieurs semaines à en disparaître une fois corrigée. Ce n'est pas un outil de vérification, c'est un compte rendu.
4. Un crawler en version gratuite
Plusieurs crawlers de bureau explorent gratuitement un site jusqu'à quelques centaines d'URL. Pour un site de cinquante pages, c'est largement suffisant, et c'est de loin le meilleur rapport entre le temps passé et le terrain couvert.
Ce que la version gratuite ne donne pas est presque toujours la même chose : le plafond d'URL, l'absence de planification, et surtout l'absence d'historique. Vous obtenez une photographie, pas une comparaison. Or un site n'a pas besoin d'être audité une fois, il a besoin d'être surveillé, parce que les liens meurent en continu et sans prévenir.
D'où ils viennent, et pourquoi ils reviennent
Vous renommez un article et vous oubliez les trois pages qui pointaient dessus. Vous supprimez une catégorie. Un partenaire met la clé sous la porte. Un journal réorganise ses archives. Chacun de ces gestes est raisonnable pris seul, et chacun laisse quelque part un lien qui ne mène plus nulle part.
Deux ans d'entretien ordinaire suffisent à un site de cinquante pages pour en accumuler quelques dizaines. C'est la raison pour laquelle une vérification unique, si complète soit-elle, ne règle rien durablement : le stock se reconstitue tout seul, et il se reconstitue plus vite après une refonte ou une migration, qui sont les deux moments où tout casse en même temps.
Lire le résultat sans paniquer
Un rapport, même gratuit, est plus long qu'on ne l'imagine, et l'essentiel n'est pas urgent. Triez avant de commencer :
- Une page du menu qui renvoie 404 : à corriger aujourd'hui, elle est sur toutes les pages du site.
- Un lien dans un article très lu : cette semaine.
- Un lien sur une page que personne ne visite, vers une page que personne ne visite : sur la liste, sans urgence.
- Une page signalée comme bloquée plutôt que cassée : souvent un site qui refuse les clients automatiques. Ouvrez-la vous-même avant d'agir.
Et surtout, ne corrigez pas tout. Tous les liens morts ne méritent pas d'être réparés, et un 404 est parfois la réponse honnête : voici comment les trier. Au passage, un tas de 404 n'est pas non plus un problème d'exploration, contrairement à ce qu'on lit souvent : le budget de crawl ne concerne presque personne.
Le moment où le faire à la main cesse d'être raisonnable
Il n'est pas là où on l'attend. Ce n'est pas une question de nombre de pages, c'est une question de répétition.
Un contrôle manuel complet coûte environ deux minutes par page, soit une heure pour trente pages et trois à quatre heures pour cent. Fait une fois, c'est acceptable. Le problème est qu'il faut le refaire : mensuellement pour un site qui bouge, trimestriellement au minimum. Trois heures par trimestre, personne ne les bloque, et le contrôle saute une fois, puis deux, puis il devient annuel sans que personne ne l'ait décidé.
Trois signes indiquent que vous avez franchi la limite :
- vous ne savez plus dire quand a eu lieu le dernier contrôle complet ;
- vous découvrez des liens morts en lisant votre propre site par hasard ;
- quelqu'un d'autre dépend de la réponse, un client par exemple, et vous ne pouvez pas répondre sans y passer un après-midi.
Tant qu'aucun des trois n'est vrai, le gratuit et le manuel suffisent, et rien de ce qui se vend ne vous rendra un meilleur service.
Ce que le gratuit ne vous donnera pas
Il faut le dire clairement, parce que c'est la seule information qui manque vraiment dans les comparatifs habituels. Aucune des quatre méthodes ci-dessus ne tourne toute seule, aucune ne conserve l'état de la semaine dernière pour le comparer à celui d'aujourd'hui, et aucune ne vous prévient. Elles répondent toutes à la question « où en suis-je maintenant ? », jamais à « qu'est-ce qui a changé depuis la dernière fois ? ».
C'est exactement la même limite que celle d'une refonte mal surveillée, où les liens cassent d'un coup et personne ne le voit. Si cette question vous concerne, l'automatisation devient utile. Sinon, gardez votre argent : un contrôle manuel régulier vaut mieux qu'un abonnement dont vous ne lisez pas les rapports.
Questions fréquentes
Pourquoi des liens morts apparaissent-ils tout seuls ?
Parce qu'un site est un ensemble de promesses sur d'autres pages. Renommez un article, supprimez une catégorie, faites un lien vers une entreprise qui ferme : chacun de ces gestes casse un lien quelque part, et rien ne vous le dit.
La Search Console me montre-t-elle tout ?
Non. Elle remonte les erreurs que Google a rencontrées en explorant, donc les pages qu'il connaît et qu'il a choisi de visiter. Vos liens sortants vers d'autres sites sont entièrement hors de son champ.
À quelle fréquence vérifier ?
Une fois par mois suffit largement pour un site stable. Le moment qui compte vraiment, c'est juste après une refonte ou une migration : c'est là qu'ils apparaissent en nombre.
Ne perdez plus jamais un backlink
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