Erreur 404 : quand la corriger, quand la laisser

Par Fabien Hernoux 7 min de lecture

Un 404 n'est pas un dysfonctionnement. C'est la réponse correcte et honnête à une demande pour quelque chose qui n'existe pas. Votre serveur fait exactement ce pour quoi il est fait, et la plupart des 404 d'un rapport de crawl ne méritent aucune action.

La bonne question n'est jamais « comment me débarrasser de ce 404 ». C'est « qui pointe encore dessus ».

La seule chose qui rend un 404 coûteux

Un 404 vous coûte quelque chose quand quelqu'un, ou quelque chose, attend encore une page à cet endroit :

  • une autre page de votre site y renvoie : le visiteur se prend un mur en pleine lecture ;
  • un autre site y renvoie : vous perdez la valeur d'un lien que quelqu'un vous a donné ;
  • il reçoit encore du trafic : depuis un favori, une newsletter, un résultat de recherche pas encore à jour ;
  • il est dans votre menu ou votre sitemap : vous annoncez une page qui n'est pas là.

Si rien de tout cela n'est vrai, ce 404 est une URL que personne ne demande. Ce n'est pas un problème. C'est un fait.

Reconnaître l'origine, c'est déjà décider

Un rapport de crawl mélange des 404 qui n'ont rien à voir entre eux. Les séparer par origine prend dix minutes et divise le travail par trois.

Origine Comment la reconnaître Ce que ça mérite
Page supprimée volontairement Vous vous en souvenez Rien, ou une redirection si elle était citée
URL renommée L'ancienne et la nouvelle se ressemblent Une redirection, et corriger les liens internes
Faute de frappe dans un lien Une seule page en cause Corriger le lien, pas la page
Lien externe mal recopié L'URL contient une parenthèse, une virgule Une redirection, personne ne corrigera chez l'autre
URL inventée par un robot Formes absurdes, paramètres étranges Rien, jamais
Fichier déplacé Images, PDF, pièces jointes Une redirection si le document existe encore

Les deux dernières lignes représentent souvent la moitié d'un rapport et ne demandent aucun travail. Les traiter comme les autres est la façon la plus courante de transformer un après-midi utile en semaine perdue.

Le tri, dans l'ordre

1. Quelque chose y renvoie depuis votre propre site ? Corrigez le lien, pas la page. C'est de loin le cas le plus fréquent et le plus rapide à traiter : vous modifiez un article au lieu de ressusciter une page. Encore faut-il savoir sur quelle page le lien se trouve, et c'est justement ce que les méthodes de recherche gratuites donnent quand on les emploie correctement.

2. Un site extérieur y renvoie ? Alors la page avait une valeur que quelqu'un d'autre a reconnue. Rétablissez-la, ou redirigez-la vers l'équivalent le plus proche qui existe vraiment.

3. Elle reçoit encore du trafic sans aucun lien ? Vieux favoris, références imprimées, code QR sur un document. Une redirection vers la page utile la plus proche est ici une gentillesse.

4. Rien de tout ça ? Laissez. La retirer de votre sitemap est tout le travail.

404, 410 et le faux 404 : trois réponses, trois effets

Réponse Ce qu'elle dit Effet
404 Rien ici Le robot repassera de temps en temps
410 Parti volontairement Le robot abandonne plus vite
Page « introuvable » en 200 Contradiction Le pire des trois

Le troisième cas, appelé faux 404, est un accident courant avec les pages d'erreur bricolées dans un CMS : le visiteur voit une erreur, la machine voit une page normale. Le moteur indexe alors des dizaines de pages identiques annonçant qu'il n'y a rien, et vous vous demandez ensuite pourquoi votre site paraît plein de contenu dupliqué.

Entre 404 et 410, la différence est mince et sans conséquence pour un visiteur. Le 410 se justifie quand vous êtes sûr que la page ne reviendra jamais, ce qui est plus rare qu'on ne le croit.

Deux gestes qui ressemblent à des corrections et n'en sont pas

Tout rediriger vers l'accueil. Le lecteur qui a cliqué sur « notre guide tarifaire 2023 » atterrit sur une page d'accueil et ne comprend pas pourquoi. Les moteurs, eux, ont tendance à lire une redirection vers l'accueil comme « il n'existe pas d'équivalent », ce que le 404 disait déjà, mais avec une moins bonne expérience en prime.

Rediriger vers une page vaguement proche. C'est la même erreur en plus discret. La décision se prend page par page, et l'arbre qui la tranche tient en quatre questions.

Ce que contient une vraie page 404

Écrivez-la une fois, elle s'appliquera à toutes les URL cassées que vous n'avez pas encore trouvées. Quatre éléments suffisent :

  • Une phrase claire : cette page n'existe pas ou plus. Pas d'humour obscur, pas de code d'erreur seul.
  • Un champ de recherche, parce que le visiteur cherchait quelque chose de précis.
  • Deux ou trois liens réels vers les pages les plus demandées, pas votre menu entier recopié.
  • Le bon code HTTP, c'est-à-dire 404. C'est la partie qu'on oublie, et c'est la seule qui parle aux machines.

Une heure de travail, et un cul-de-sac devient un détour.

Les 404 que personne ne voit passer

Trois familles échappent à la fois aux rapports de crawl et à la relecture humaine, et elles produisent des dégâts silencieux.

Les fichiers. Une image manquante, une feuille de style déplacée, un PDF retiré du serveur. Le visiteur ne voit pas d'erreur, il voit une page qui a l'air cassée, ce qui est pire parce qu'il ne saura pas quoi vous dire.

Les pages accessibles uniquement depuis l'extérieur. Une adresse envoyée dans une newsletter, imprimée sur une plaquette, collée dans une signature d'email. Aucun lien interne n'y mène, donc aucun crawler ne la teste, et pourtant des gens la demandent.

Les redirections cassées en cours de route. L'ancienne URL redirige vers une adresse intermédiaire qui, elle, n'existe plus. Le rapport affiche une redirection valide, et le visiteur atterrit sur une erreur deux sauts plus loin.

Les journaux de votre serveur sont le seul endroit où ces trois familles apparaissent, parce qu'ils enregistrent ce que les gens ont réellement demandé, et pas ce que votre site propose.

Une routine qui tient

Le rythme compte plus que la profondeur. Une routine réaliste tient en trois gestes : un contrôle complet par trimestre, un contrôle des pages du menu et du pied de page après chaque modification de gabarit, et un coup d'œil aux erreurs de la Search Console une fois par mois. C'est peu, c'est faisable, et cela attrape l'essentiel avant qu'un lecteur ne le fasse à votre place.

Combien de 404 est-ce trop ?

Il n'y a pas de seuil, et c'est la réponse honnête. Un site de dix ans avec cinq cents 404 dont aucun n'est lié se porte mieux qu'un site de deux ans avec dix 404 en plein milieu de son menu. Le nombre ne dit rien ; la question « qui pointe encore dessus » dit tout.

Ce qui circule en revanche, c'est l'idée qu'un tas de 404 gaspille l'attention des moteurs. C'est faux dans la quasi-totalité des cas : le budget de crawl ne concerne presque personne, et certainement pas un site qui en a quelques centaines.

Deux moments méritent en revanche une vraie attention, parce que les 404 y arrivent par centaines et pour de mauvaises raisons : une refonte et une migration. La check-list correspondante traite le sujet à la source, ce qui coûte toujours moins cher que de le traiter après.

Une confusion vaut d'être levée avant de refermer : un 404 et une erreur serveur ne se traitent pas du tout pareil. Le premier est une réponse juste à une demande sans objet ; la seconde dit que quelque chose est cassé chez vous, maintenant, et se lit dans l'urgence. Les 500, 502 et 503 ont leur propre grille.

Et n'oubliez pas la moitié du problème qui ne figure dans aucun de vos rapports : les liens qui partent de chez vous vers des pages mortes ailleurs. Ceux-là ne remontent nulle part, et ce sont pourtant ceux que vos lecteurs cliquent en premier.

Dans Expansel Audit des liens morts Expansel parcourt votre site page après page, teste chaque lien, et vous rend la liste de ce qui est cassé, avec l'endroit exact où le corriger.

Questions fréquentes

Les erreurs 404 pénalisent-elles mon référencement ?

Une page qui renvoie 404 est simplement retirée de l'index, le reste du site n'est pas puni pour autant. Ce qui coûte, c'est un 404 vers lequel d'autres pages, ou d'autres sites, pointent encore.

Faut-il rediriger tous les 404 vers l'accueil ?

Non. C'est l'erreur la plus fréquente. Le visiteur qui a cliqué sur une référence précise atterrit ailleurs, et les moteurs traitent de toute façon une redirection vers l'accueil comme une page sans équivalent.

Une page 404 personnalisée vaut-elle l'effort ?

Oui, et c'est la correction la moins chère de cette liste. Une page qui dit ce qui s'est passé et propose une recherche transforme un cul-de-sac en détour, quelle qu'en soit la cause.

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